Drones Poursuite

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Prologue : Voici une nouvelle que j’ai écrit dans le cadre d’un concours où il fallait imaginer l’impact de l’arrivée des drones dans notre monde. Je me suis donc essayé au style policier en utilisant le temps présent.

Bonne lecture.


Drones Poursuite

9 h 00 – 36, Quai des Orfèvres

« Très bien monsieur… oui monsieur… j’ai compris monsieur… je vous tiendrais au courant… au revoir »

  • Quel emmerdeur ce commissaire Martin, toujours à suivre avec un zèle implacable les volontés de l’État. Si ça tenait qu’à moi…
  • Bonjour monsieur l’Inspecteur, excusez-moi de mon irruption, mais voici le dossier urgent que vous réclamiez.
  • FRAPPEZ avant d’ENTRER bordel de merde, (quelle journée de merde), et… laissez le dossier sur mon bureau, je suis occupé !
  • Au revoir monsieur. »

L’inspecteur Stéphane Dubois s’assoit à son bureau et ouvre le dossier que vient de lui apporter une jeune recrue. Le dossier étant épais, il se verse une tasse de café avant de s’y mettre.

« Cette bande de technophobes risque de foutre en l’air le contrat avec les américains, et le gouvernement ne veut pas de cette hypothèse. Leur chef, M. Alonso Bitteta, né d’un père italien et d’une mère espagnole en 1980, militant au Parti Communiste puis fondateur de la Brigade Révolutionnaire et Humaniste, est passé de l’opposition au capitalisme à la technophobie, et s’est illustré par des attaques contre des revendeurs de produits informatiques. »

L’inspecteur continue à lire le contenu du dossier et la longue biographie de cet Alonso et de son organisation.

« Multirécidiviste, plusieurs attaques à main armée, harcèlement et menaces contre des chercheurs en robotique, trafic de drogue pour financer son organisation, sacré personnage.
PUTAIN, comment un mec pareil peut courir dehors, encore un coup tordu d’avocat avec la complaisance d’un juge syndiqué… va falloir que j’arrête de gueuler comme ça, les jeunes bleus vont prendre peur et je vais avoir droit à un entretien avec l’IGPN.
Son organisation a survécu depuis 2008, et a lancé il y a quelques mois une pétition européenne contre l’ouverture du ciel aux drones américains. Bien sur cette pétition s’accompagne de manifestations et de heurts avec les policiers. C’est encore à moi de m’occuper de ces jeunes cinglés, car les investisseurs américains veulent un ciel européen sûr pour leurs drones. Bon allez, j’en ai assez lu, je vais rendre visite à quelques contacts pour essayer de localiser à l’ancienne ce petit génie. »

L’inspecteur se lève, termine sa tasse de café et prend les clés de sa voiture. Il se dirige vers la sortie du commissariat en passant voir le responsable informatique :

« Mets-moi quelques drones en observation à la recherche d’un Alonso Bitteta, il se trouve en Île-de-France.

  • Très bien Stéphane, je fais ça tout de suite (il peut pas dire bonjour…). »

Il entre dans sa voiture, une Peugeot 508 hybrid4, allume le contact, et active le logiciel de suivi des drones sur l’ordinateur de bord. Dès qu’Alonso Bitteta sera repéré, il recevra les images en temps réel, et pourra faire envoyer la cavalerie. Le commissaire lui a donné carte blanche pour arrêter cet individu, les attaques de drones dans le ciel français doivent cesser.

Direction la Goutte d’or, si cet Alonso prévoit quelque chose, il a besoin de communiquer avec des téléphones sortis des réseaux officiels, et c’est dans ce quartier qu’il ira se les procurer. Stéphane connait un certain Mahmoud, ancien cambrioleur devenu receleur mais brave type au fond, jamais d’agressions ni de blessés, il a une classe digne des anciens gangsters. Mahmoud est au courant de tout ce qui se passe dans ce quartier, il chapote pas mal de nouveaux malfrats, à qui il essaye d’inculquer quelques valeurs et combines. Stéphane le couvre pour ses activités, lui le renseigne sur tous les gros poissons qui vont faire des dégâts aux institutions, c’est le deal et ça fonctionne parfaitement.

10 h 30 – Quartier de la Goutte d’Or

L’inspecteur gare sa voiture en double file, carte de la police posée sur le tableau de bord. Veste en cuir sur les épaules, il sait où trouver Mahmoud, toujours en face d’un kebab dont il profite de la clientèle. La police n’est pas la bienvenue ici, mais Stéphane a ses habitudes et il détient quelques dossiers sur certains, ce qui lui permet de se balader en sécurité.

« Salut Mahmoud, comment vas-tu ?

  • Bien Stéphane, toi t’as encore forcé sur le café, tu dois te reposer tu sais.
  • Oui oui, ça va, je me reposerai quand j’aurais le temps. Toujours à revendre tes babioles toi ?
  • Bien sûr, je sais faire que ça et en ce moment les affaires marchent plutôt bien.
  • Des infos qui sortent de l’ordinaire ?
  • Certains recherchent des drones où on a retiré les numéros d’identification.
  • A quoi bon ?
  • La plupart pour repérer des endroits à cambrioler ou espionner la voisine tu sais…
  • Tu me tiens au courant pour un gros poisson, je veux pas d’un cambriolage important dont tu aurais entendu parler, on se comprend.
  • Ouai t’inquiète Stéphane, tu peux me faire confiance, moi je cherche juste à vivre de mon bizz.
  • Je suis venu te voir concernant ce type du nom d’Alfonso Bitteta (montre la photo sur son smartphone) ; tu l’as vu dans les parages ?
  • Viens par-là, c’est pas tranquille ici.
  • Cet Alfonso, il est venu m’acheter des Iphone 6, quatre au total, et sans négocier le prix, une bonne affaire.
  • Il t’a dit pourquoi ?
  • Non, et je pose jamais la question. Par contre tu peux peut-être me dire pourquoi tu t’intéresses à lui.
  • C’est un gros poisson, ceux que j’aime pas, tout ce que je peux te dire est que c’est une histoire de drones.
  • Ouai un gros coup quoi. Avec un smartphone haut de gamme tu peux piloter un dro
  • D’accord, et dans ce cas tu connais un type qui vend des drones volés ?
  • Il y a type, un Bulgare du côté de Bagnolet qui revend des drones, je bosse avec lui, et si je lui dis que tu passes, il devrait savoir parler français, il s’appelle Evgeni.
  • Bon, alors préviens-le, j’y vais tout de suite, et merci, je manquerai pas de prévenir les collègues de te laisser tranquille.
  • Pas de problème Stéphane, c’est rare les flics comme toi alors prends des vacances.
  • J’y penserai, à bientôt. »

L’inspecteur Dubois se dirige rapidement vers sa voiture, pour ensuite foncer sur Bagnolet, gyrophares hurlant afin de trouver cet Evgeni.

11 h 30 – Bagnolet

Marché aux puces, avec plus de puces que de marchands. C’est le coin dégueulasse de l’Île-de-France, le repaire des petits revendeurs sans avenir. Evgeni cherche certainement à se noyer dans cette masse afin de faire ses affaires en toute discrétion. Ses clients viennent probablement au volant de belles voitures, seuls les drones haut de gamme sont revendus au marché noir, sinon Internet est plus efficace. L’inspecteur fait un petit tour en voiture à travers le marché, afin de trouver Evgeni, et aussi d’éviter les rats. Des tentes, des Roumains, des Chinois, des clochards, c’est le marché des plus pauvres, des sans-papiers et des sans-abris. La mairie est débordée et tout le monde se rejette la faute, une population abandonnée en somme.Quelques drones surveillent en permanence le site mais rares sont les policiers à s’y aventurer.

« Le voilà, avec son crâne chauve et sa veste kaki, tournevis dans les mains et lunette grossissante sur l’œil, ce type doit être Evgeni. »

            « Bonjour Evgeni, je viens de la part de Mahmoud, il t’a prévenu que je passerai.
– …

  • Mahmoud de la Goutte d’Or, le revendeur de portables, je l’ai vu il y a une heure !
    – …
  • Bon écoute moi bien, je suis inspecteur et si tu me réponds pas, je fais boucler ton activité avant midi, compris ?
  • Bon..jour inspecteur, oui Mahmoud m’a prévenu, tu recherches des acheteurs de drones.
    – C’est ça, t’es du genre méfiant toi, t’as affaire à des types avec des besoins spéciaux ?
    – Oui un peu, depuis l’interdiction d’espionner avec des drones civils, certains veulent continuer avec des engins non identifiables…
  • Oui je sais bien que rien n’arrête la recherche d’informations de nos jours. As-tu vu un type genre espagnol ou italien, et répondant au nom d’Alfonso Bitteta ?
    – Je vois pas mal de monde inspecteur, et je suis pas flic alors leur identité connais pas. – Tu vas me faire croire que tu pistes pas tes clients avec les drones que tu leurs vends ? Je connais la combine, un mouchard dans l’objet et on sait où la personne habite, voire quand elle est absente, un coup de téléphone aux potes et on cambriole.
    – Peut-être inspecteur, tu t’y connais. J’ai bien eu un mec du genre de celui que vous cherchez. Il m’a acheté quatre drones acrobatiques très performants.

– Il t’a pas dit pourquoi je présume ?

  • Nan, et le mec était anxieux et super méfiant, alors j’ai pas pris de risque.
  • Et tu sais pas du tout où il a pu aller ?
  • Pendant l’achat, il a répondu au télé..phone, et il parlait d’un endroit où on voit Paris, un gars à lui était là-bas, et il devait le rejoindre en trente minutes.
    – Ok, c’est déjà pas mal, voici ma carte, continue à me donner des infos de ce genre et ton business sera tranquille, mais pas d’abus.
  • Pas de problème, et si vous recherchez un drone vous savez où venir, ins..pecteur.

            L’inspecteur retourne à son véhicule et demande un bilan de la recherche par les drones, puis leur précise le type de localisation qu’il cherche à présent, un endroit d’où on voit Paris, et à 30 minutes en transport ou en voiture de Bagnolet. Son téléphone sonne, c’est sa femme, sa moitié.

« Salut chéri, qu’est-ce qui y’a ?

  • J’ai reçu ta guitare, ce drone de Chronopost est presque reparti avec, il ne comprenait pas le QR-code de la procuration.
  • Super, merci d’avoir réussi à la retirer, je risque de rentrer tard, demande d’État…
  • Encore, mais tu as à peine dormi cette nuit.
  • Ça va ça va, les choses se tasseront prochainement, et je pourrais prendre des vacances.
  • Ce soir j’ai un rendez-vous chez une cliente, j’espère te voir à mon retour.
  • Moi aussi, et ne t’inquiète pas. Je rentre dès que je peux. Je t’embrasse.

Cet Alonso va lui poser des problèmes, il le sent dans ses tripes, et elles ne lui mentent jamais. Tout ça pour interdire les drones américains, alors que le ciel est déjà rempli de drones de marques européennes, et que les deux sont majoritairement fabriqués en Chine, quelle connerie. D’où peut-il piloter ces drones, et dans quel but exactement ?

Un texto de sa femme : N’oublies pas que l’on va à l’Observatoire de Meudon avec mes parents ce weekend. Bisous.

« Putain c’est là, l’observatoire, on voit Paris, c’est en hauteur, et en roulant bien c’est à trente minutes de Bagnolet. Je dois prévenir le commissaire. »

12 h 30 – 36, Quai des Orfèvres

            « Commissaire, j’ai des informations importantes à vous transmettre.

  • Allez-y Dubois, mais faites vite, j’ai rendez-vous avec le préfet à treize heures.
  • Très bien, alors je crois savoir comment notre gars va agir demain. Il va utiliser des drones achetés au marché noir pour commettre une attaque terroriste.
  • Combien, et où ?
  • 4 drones pilotés par smartphone, et je pense qu’il les pilotera depuis l’Observatoire de Meudon.
  • Vous en êtes sur ?
  • Totalement pour les drones, et presque certain pour le lieu d’où il les pilotera, mais je ne connais ni leur lieu de lancement, ni leur cible.
  • Et bien vous savez ce qu’il vous reste à faire Dubois, en attendant je vais relayer vos informations au préfet.
  • Ce serait moi, je demanderai la fermeture du ciel demain.
  • Vous êtes malade Dubois, interdire les livraisons, les transports d’urgence, les drones militaires et de la police, tout ça pour 4 drones dont on ne connait ni la cible, ni la dangerosité.
  • Mais la signature du contrat a lieu au ministère de la Défense, et c’est un moyen pour notre homme de marquer un grand coup et d’instiller la peur.
  • Je ne ferai pas boucler le ciel Dubois. Le préfet m’attend. Je veux un rapport complet des mesures à prendre ce soir, et soyez précis, le préfet ne bouclera jamais toute la ville.
  • Bien commissaire, ça sera fait.

L’inspecteur retourne à son bureau, se sert une tasse de café, et affiche une carte de l’Île-de-France sur son écran mural.

« Alors notre homme a certainement un ou plusieurs associés qui se chargeront de surveiller les drones en visuel. La question est de savoir d’où peuvent-ils bien les lancer ? Je vois deux sites potentiels : le parc Suzanne Lenglen et le parc de l’Île Saint-Germain. Le commissaire acceptera certainement de boucler deux parcs, mais je dois aussi lui donner une hypothèse sur le type d’attaque. »

L’inspecteur observe alors avec attention le site du ministère de la Défense et les rues alentour. Il connait les méthodes du commissaire, surnommé « Patte de velours », discrétion et souplesse.

« Des policiers seront certainement postés en couverture à différents endroits, avec plusieurs drones scannant les passants, le tout coordonné par un hélicoptère. Le terroriste peut attaquer soit le ministère, soit Aquaboulevard. Le premier est le plus tentant mais le mieux gardé, tandis que le second est moins stratégique, mais peut déboucher sur un vrai massacre. Je dois savoir comment seront armés ces drones, retour à Bagnolet. »

14 h 00 – Bagnolet

Retour au Bulgare, il fait chaud par cette journée de juin, et Stéphane n’a toujours rien mangé depuis hier soir, trop stressé par cette affaire. Le marché est l’occasion de se trouver un truc à avaler. Avaler est le terme, cela fait longtemps qu’il n’a pas mangé.

« Evgeni, encore moi, j’ai quelques questions à te poser.

  • Ins..pecteur, vous voulez m’acheter un drone ?
  • Non, non, j’en ai déjà assez avec la police. En revanche je voudrais savoir comment on arme un drone civil piloté par un smartphone.
  • Ça, je sais pas inspecteur, je trempe pas là-dedans, j’ai pas envie d’être expulsé.
  • Me la fait pas Evgeni ou sinon je vais vraiment te faire expulser. Ton acheteur ne compte pas faire de l’acrobatie avec ses drones, alors j’ai besoin de ton point de vue.
  • Ok, je m’y connais pas en arme mais si j’étais lui, je vois à peu près comment rendre ces drones dangereux.
  • Continue…
  • Je pense que les smartphones remplaceront l’électronique du drone, pour leur donner plus de puissance de cal.. Il les pilotera certainement avec une tablette en ayant entré un trajet automatique à l’avance. 4 drones en même temps en pilotage manuel c’est impo..ssible.
  • Bon ok mais tu me parles toujours pas d’arme là, accélère.
  • Du calme ins..pecteur, un peu de patience.
  • Oui désolé continue, et merde t’a pas un truc à bouffer ?
  • Ah c’est ça tu travai..lles trop, viens avec moi y’a un chinois à deux minutes. »

Le Dragon Rouge, sandwich au porc laqué pour 4 € avec boisson, simple, à peu près bon, et avec le sourire, quoi demander de plus ?

« Pas mal ton chinois Evgeni, continue ton histoire.

  • Et bien, je veux pas pousser ins..pecteur, mais il me faudrait plus d’infos, et je veux savoir ce que j’ai en échange.
  • En échange tu fais ton business tranquille tant que ça ne tombe pas dans le terrorisme. Et tout ce que je peux te dire, c’est que l’endroit que les drones vont attaquer est soit un ministère, soit un lieu avec beaucoup de public, et c’est demain !
  • Bu..siness tranquille, ok. Et pourquoi vous pensez qu’il va attaquer ?
  • Parce que le type veut faire un coup d’éclat, voilà pourquoi.
  • Il pourrait monter des fusils d’assaut automatisés, mais c’est très difficile à faire, surtout en moins de vingt-quatre heures. Il peut aussi monter un explosif, mais c’est pas discret et un drone acrobatique est léger et fragile, il peut pas porter lourd.
  • T’y crois pas trop à l’attaque armée si je comprends bien.
  • Non inspecteur, ou alors votre gars a une super équipe de spécialistes.
  • Ça se pourrait bien, en tout cas merci. Et c’est pour moi le chinois.
  • Merci inspecteur, mon offre pour un drone tient tou.. »

14 h 00 – Vol AA4118 New-York-Paris

« Un café madame ?

  • Non merci.
  • Et vous monsieur ?
  • Non plus merci.
  • Alors ce contrat Emily, es-tu certaine que les Français vont signer leur partie ?
  • Oui, on a déjà la confiance des Allemands et des Britanniques, la France ne veut pas être la seule enclave ne profitant pas de la manne économique que représentent les drones.
  • Pourtant ils ont une opposition politique forte, j’ai tout de même quelques doutes.
  • Ne t’inquiète pas, les européens veulent autant profiter des drones que les américains, ils attendent une baisse des prix avec l’ouverture à la concurrence.
  • J’espère que tu as raison, nos carrières sont en jeu.

14 h 00 – Dans un appartement proche de Montparnasse

            « Tout est prêt les gars, demain on va retourner la technologie contre ses promoteurs !

  • On va surtout les faire chanter oui, ils vont nous manger dans la main, et à nous l’oseille.
  • C’est avant tout politique, le reste vient après. Gardez ça en tête. Ce soir on charge tout dans les voitures et on dort dedans, je veux pas d’une descente de keufs dans la nuit.
  • T’es sérieux là ? Dans la voiture…
  • Discute pas Malik, et tu feras équipe avec Kevin. Abdou et Alexi vous prenez l’autre véhicule. Moi je vais aller voir ce qui se passe chez nos amis pour être sûr qu’il n’y ait pas d’imprévu. Et maintenant on équipe les drones, il nous reste quelques heures.

16 h 00 – 36, Quai des Orfèvres

« Il a raison Evgeni, c’est gros le coup de l’attaque armée. Les services de renseignements n’auraient pas laissé passer ça. Et à quoi bon, les investisseurs seront certainement dans l’une des salles fortifiées du ministère, il faudrait un armement lourd pour les atteindre. Et quand bien même, les drones seraient abattus dans les minutes qui suivent l’attaque. Pareil pour le site civil, en quoi faire un massacre donnerait une mauvaise image des drones ? On n’a pas interdit les avions après le 11 septembre ! »

« Olivier, toi qui gère le service informatique, tu peux faire quoi avec des drones dont le système est amélioré avec un smartphone haut de gamme ?

  • Là comme ça je sais pas, laisse-moi du temps pour y réfléchir.
  • Tu as deux heures, pas plus. »

L’inspecteur commence alors à rédiger un rapport sur l’hypothèse d’une attaque armée, au cas où Olivier ne propose rien de concluant. Mais au fond de lui, il sait que ça sera autre chose.

L’inspecteur reçoit soudain une alerte du système de surveillance des drones qu’il avait envoyé vers l’Observatoire de Meudon. Ils viennent de repérer Alonso, il se promène dans le parc avec des jumelles à la main. Stéphane voyant ça prend sa veste au vol, court à sa voiture, et prévient le type de l’accueil d’envoyer des renforts, la puce GPS de son véhicule donnera la localisation exacte. Gyrophares allumés, il essaye de se rendre le plus rapidement possible sur les lieux, Alonso y est encore, scrutant les horizons avec sa paire de jumelles.

16 h 30 – Observatoire de Meudon

L’inspecteur gare sa voiture au carrefour sur la route pavée. Gilet pare-balles enfilé et pistolet Sig-Sauer à la main pointé vers le sol, il parcourt la centaine de mètres qui le sépare de l’entrée du parc. De loin il voit Alonso observant le paysage, les jumelles pointées vers la Tour Eiffel. Il avance discrètement, se met à couvert derrière un arbre et observe à nouveau Alonso. Soudain, ce dernier baisse ses jumelles, regarde autour de lui puis part en courant vers l’escalier, de l’autre côté de l’entrée que vient d’emprunter Stéphane.

« Merde, il a dû voir des collègues. »

L’inspecteur décide de suivre Alonso, toujours avec sécurité mais sans le perdre de vue. Quand ce dernier ralentit un peu à l’escalier, Stéphane en profite pour accélérer le pas.

« Police, ne bouge plus, mains en l’air ! »

Alonso se jette avec agilité derrière le muret de l’escalier, puis tire une salve d’arme automatique vers l’inspecteur. Ce dernier se jette derrière un arbre proche et reprend ses esprits. Il entend l’homme se relever et descendre les escaliers en courant, et en profite pour sortir de sa couverture et le suivre. Arrivé à l’escalier, il penche légèrement la tête pour observer les lieux, et reçoit pour accueil une nouvelle salve. Il a à peine le temps de l’esquiver. Mais il entend à présent les collègues et leurs gyrophares. Au bout d’une minute, il relève la tête et voit l’homme qui descend vers la sortie, vers la rue, il doit l’arrêter. L’inspecteur descend le plus rapidement possible et vise Alonso dans le dos, entre les omoplates, il n’a pas le choix. Au moment où il s’apprête à tirer, deux policiers en uniforme entrent par la rue et Alonso se jette sur le côté, il le perd alors de vue. En revanche, il entend la rafale qui balaye ses collègues, couchés net. Alonso sort, se retourne et tire en direction de Stéphane qui n’a d’autre choix que de se cacher. Il se relève, court, mais Alonso a disparu. L’adrénaline tape dans son cœur et ses tripes, il avance au mépris du danger, et entend un moteur de moto démarrer. C’est lui, il faut faire vite. Il l’aperçoit qui accélère rapidement avec la moto, et Stéphane n’a que le temps de noter la marque, la couleur, et la plaque du véhicule. Tirer est impensable, des civils sont présents. Il retourne alors auprès de ses collègues au sol.

« Ça va les gars, vous êtes touchés où ?

  • Les jambes, tous les deux, putain ça fait mal mais on a eu du bol.
  • Oui on a eu du bol, quand j’ai vu son arme pointée, j’ai cru que c’était fini pour nous.
  • J’appelle les renforts les gars, tenez bon, je vous vengerai, ce type va passer le restant de ses jours derrière les barreaux, croyez-moi. »

L’inspecteur appelle une ambulance, et reste à côté des deux policiers jusqu’à ce que les renforts prennent le relais. Lui n’a rien, mais il déteste plus que tout les types qui ouvrent le feu sur des policiers, derrière il y a des familles. Il retourne ensuite à sa voiture, énervé, et plus que jamais déterminé. En tout cas cet évènement lui servira à obtenir une vraie présence policière par le commissaire, et c’est déjà une bonne chose.

18 h 15 – 36, Quai des Orfèvres

« Olivier, alors as-tu les infos dont j’ai besoin ?

  • Oui j’ai une hypothèse, je pense que les drones vont voler des informations confidentielles et non commettre une attaque.
  • C’est pas vraiment le genre du bonhomme pourtant, je viens d’en faire les frais…
  • Qu’est-ce qui s’est passé Stéphane ?
  • J’ai presque mis la main sur notre gars… mais cette ordure a sorti une arme automatique, et a légèrement blessé deux agents avant de s’enfuir à moto.
  • Merde, tu as la plaque d’immat ?
  • Oui, c’est une Yamaha, sûrement une 125, couleur bleue et grise, dont le numéro est le CN-854-ZE.
  • Ok je lance la recherche.
  • Un vol de données, c’est vrai que si on pense au paquet de drones des grandes chaines de télévision qui vont être présents pour la signature… c’est facile d’en cacher quatre.
  • Les résultats de la recherche arrivent bientôt. En tout cas à ta place je regarderai du côté des potentiels acheteurs.
  • Va falloir que j’en touche deux mots au commissaire, il peut peut-être me mettre en contact avec les investisseurs.
  • Alors, la moto appartient à un certain Malik Malaoui, domicilié à Créteil, 4 avenue Courtois.
  • Très bien Olivier, fais-moi une liste de tous les drones prévus pour la signature demain, avec leur numéro d’identification. Nos drones doivent pouvoir détecter les intrus le plus rapidement possible.
  • Pas de problème.

« Bonsoir commissaire, j’ai du nouveau pour vous.

  • Bonsoir Dubois, allez-y je vous écoute.
  • J’ai vu notre homme mais il a réussi à s’enfuir. Il se promenait à l’Observatoire de Meudon avec une paire de jumelles. Il avait une arme automatique et a blessé deux agents.
  • Vous rigolez Dubois, pourquoi avez-vous tenté d’interpeller cet individu sans m’en faire part ? Et maintenant deux agents blessés ? Gravement ?
  • Non rien de grave heureusement. Les drones l’avaient détecté et j’ai voulu régler cette histoire, j’ai peut-être déconné, je le reconnais…
  • Vous avez déconné c’est certain, on ne parle pas d’un voleur de portables là ! Avez-vous avancé dans l’enquête au moins ?
  • Oui, j’ai noté la plaque d’immat de sa moto, et Olivier a une adresse, il faudrait demander une intervention du RAID. Le propriétaire est Malik Malaoui, soit un innocent qui s’est fait voler sa moto, soit un associé.
  • Ne prenons pas de risque, je vais transmettre une demande à la D
  • Concernant les drones, on a deux hypothèses. Soit Alonso cherche à commettre une attaque armée contre le ministère de la Défense ou Aquaboulevard, soit il va récupérer des données confidentielles provenant de la signature avec les investisseurs.
  • Pour l’attaque je vais transmettre à la hiérarchie et renforcer le dispositif sur place.
  • Très bien commissaire, et auriez-vous la possibilité de me mettre en contact avec les investisseurs ? Je veux savoir s’ils ont des informations qui peuvent intéresser le marché noir.
  • Je vais demander au préfet si le ministère accepte de lui donner une telle information.
  • Parfait monsieur, je retourne à l’enquête.
  • Dubois, reposez-vous, demain la journée va être longue. Et pour les agents blessés je ne sais pas si je vais pouvoir vous couvrir.
  • Je comprends monsieur.

Stéphane après cet entretien retourne à son bureau et termine son rapport écrit pour le commissaire. Le préfet ne tardera pas à l’appeler pour lui transmettre le numéro d’Emily, représentante de la société Dronoïds, leader du marché nord-américain.

18 h 15 – Dans un appartement proche de Montparnasse

« Les mecs on décolle, et vite, les keufs m’ont trouvé.

  • Wohhh, tu dis quoi là ?
  • J’étais à Meudon pour repérer l’endroit, et j’ai vu une caisse arriver, un mec me regardait bizarrement.
  • T’as fait quoi ?
  • J’ai tiré putain, j’en ai couché deux et j’ai pris la moto.
  • Ta buté des keufs, t’es taré, ils vont nous chercher toute la nuit.
  • Calme-toi Kevin, on suit le plan, vous restez en équipe et vous dormez dans les voitures. Pas d’arrêt, vous bouffer en drive et vous roulez toutes les heures. J’ai cramé ta moto Mehdi, gueule pas tu pourras te la racheter demain.
  • Tu fais chier, j’y tenais à cette bécane.
  • Bon on se divise les gars, demain les ricains arrivent à dix heures, neuf heures en place, Mehdi et Kevin dans le parc Lenglen, et Abdou et Alexi à l’Île. Pour la suite je gère avec notre contact.
  • Ouai ouai, et on est des pilotes amateurs de drones qui s’entrainent pour une compétition.
  • C’est ça, à demain les gars, et bonne chance.

19 h 00 – 36, Quai des Orfèvres

« Bonsoir Madame Isenberg, je suis l’inspecteur Stéphane Dubois, je vous appelle dans le cadre d’une enquête policière.

  • Bonsoir monsieur l’inspecteur ; en quoi puis-je vous aider ?
  • Demain vous allez signer un accord commercial avec les autorités françaises, et nous suspectons une menace sur les informations que vous allez échanger.
  • Comment ça? C’est simplement un accord sur des drones.
  • On suspecte des individus de vouloir voler des données confidentielles. Je vous appelle car j’ai besoin de savoir ce qui peut les intéresser.
  • Je comprends monsieur, mais cet accord comporte des clauses qui ne peuvent être révélées.
  • Ecoutez-moi, je ne veux pas connaître les détails, simplement pouvoir comprendre ce qui peut les intéresser afin de mieux vous protéger.
  • Je comprends tout à fait, tout ce que je peux vous dire est que l’accord comporte une série de règles visant à adapter les drones américains aux normes européennes.
  • Et avez-vous une idée de l’utilité de telles règles pour quelqu’un de mal intentionné ?
  • La seule que j’envisage est un concurrent qui souhaiterait lire cet accord, afin de proposer dans quelques mois des drones conformes et moins cher. L’Inde, la Chine ou la Russie seraient capables d’une telle opération.
  • Ça doit valoir une belle somme. Je vous remercie Mme. Isenberg, au revoir.
  • Au revoir inspecteur.

Stéphane rédige une note avec les informations qu’il vient d’obtenir et la transmet au commissaire. Ces drones vont essayer de voler les informations des accords lors de leur signature. L’enjeu est de les détecter et de les neutraliser avant qu’ils ne passent à l’action.

Il reçoit ensuite la liste des drones de la presse attendus demain, une bonne centaine. Il faut y ajouter les drones de surveillance des lignes, et ceux de communication aux voyageurs de la RATP, les drones publicitaires, de la poste, de l’héliport, et les divers drones personnels. Demain va se jouer une partie de cache-cache aérienne aux enjeux stratégiques, d’une part la sécurité commerciale des investisseurs, et d’autre part la crédibilité de la France en matière de lutte contre le techno-terrorisme.

            Après deux heures de travail afin de tout préparer, Stéphane décide de rentrer chez lui. Il se lèvera tôt demain pour prendre connaissance des résultats de l’opération du RAID, et être sur le site du ministère au petit matin.

Arrivé chez lui, il constate que ses voisins n’ont toujours pas payé leur taxe d’enlèvement des ordures ménagères, les drones n’ont pas ramassé les poubelles. Il s’occupera de ce problème une fois l’affaire Alonso passée.

5 h – Au domicile de l’inspecteur

Stéphane se lève, embrasse délicatement sa femme qui dort encore. Il prend une douche puis va chercher son journal, déposé dans la nuit par un drone de livraison, pour ensuite boire son café. Les gros titres ne parlent que de cet accord, et les positions politiques sont bien marquées et résumées autour de : pour ou contre les drones américains en France ? Personnellement ces sujets ne l’intéressent pas, lui pense à Alonso qui a blessé deux agents la veille.

Encore dans ses pensées, son smartphone lui signale qu’il vient de recevoir le bilan de l’opération du RAID : personne dans l’appartement et un ordinateur en cours d’investigation. Rien de concluant donc, il n’aura pas les résultats de l’investigation avant quelques jours. Il quitte ensuite son domicile pour se rendre à Aquaboulevard, la matinée va être longue.

7 h – Aquaboulevard

« Bonjour monsieur le commissaire, vous avez eu le temps de lire ma note ?

  • Oui inspecteur, et nous avons obtenu de l’armée une aide précieuse. Ils ont deux hommes en possession d’une arme expérimentale, une sorte de fusil laser à impulsion électromagnétique. Apparemment ils peuvent désactiver un drone en tirant dessus. Allez les voir ils sont là-bas. Les services secrets regardent du côté des potentiels acheteurs.

Si vous avez besoin d’un hélico, demandez à la DGAC sur l’héliport. »

« Bonjour, je suis l’inspecteur Stéphane Dubois, et je suis chargé de traquer les drones suspects.

  • Bonjour inspecteur, je suis le sergent Frédéric Pontes et voici le soldat Hugo Chauvin.
  • Le commissaire m’a parlé de votre arme expérimentale. Comment fonctionne-t-elle ?
  • C’est très simple, il suffit de viser comme avec n’importe qu’elle arme, mais lorsqu’on ouvre le feu, on tire un rayon laser réglé à une fréquence qui déphase les signaux électromagnétiques. Le drone s’écrase immédiatement.
  • Est-ce qu’il y a un danger pour les civils ou les autres drones ?
  • Non, seul un tir direct peut faire effet, il faut seulement veiller à ce que personne ne soit sous le drone cibl
  • Je n’aurais pas pu espérer mieux. Pour vous faire un topo…
  • Le commissaire nous l’a déjà fait inspecteur, nous nous tenons à disposition.
  • »

Dans le même temps Malik et Kevin amènent leurs drones dans le parc Suzanne Lenglen, tandis qu’Abdou et Alexi font de même dans le parc de l’Île Saint-Germain. Alonso lui, se dirige vers l’Observatoire de Meudon.

8 h – Dans les parcs

« Bonjour monsieur, puis-je voir vos papiers s’il-vous-plaît ?

  • Pourquoi ? Je suis juste dans un parc.
  • Nous contrôlons tout le monde ce matin.
  • Ok, les voici.
  • Et dans quel but avez-vous amené un drone aujourd’hui ?
  • C’est pour une compétition, on doit s’entrainer.
  • Évitez de le diriger vers Aquaboulevard.
  • »

Les deux policiers continuent leur ronde afin de contrôler tous les usagers du parc.

« C’est chaud ce matin Kevin, Alonso nous avais dit que ce serait tranquille.

  • Ça va aller, on va cacher les drones dans la masse, ils verront rien.
  • J’allume les drones et je contrôle que tout se passe comme prévu. »

Les deux équipes font décoller leurs drones quelques minutes plus tard, simulant des acrobaties afin de corroborer leur alibi. L’inspecteur Dubois a lancé une détection de tous les drones présents avec Olivier, mais le travail sera long. Les investisseurs ne tarderont pas à arriver sur les lieux, il faut éviter tout acte criminel.

9 h 00 – Ministère de la Défense

« Bonjour Madame Isenberg et Monsieur Miller, nous sommes enchantés de vous recevoir.

  • Je vous remercie Monsieur le Ministre. C’est un honneur pour nous aussi. Mais nous ne comprenons toujours pas pourquoi la signature doit avoir lieu dans votre ministère de la Défense.
  • Vous n’êtes pas sans savoir que la France connait quelques remous politiques en ce moment. Nous avons préféré assurer votre sécurité du mieux que nous pouvions.
  • Nous comprenons et nous vous remercions.
  • Veuillez nous suivre s’il-vous-plaît. »

Les investisseurs après une courte marche, rejoignent la délégation française dans l’une des salles de réunion. Cette salle est équipée de brouilleurs électroniques, et encerclée de murs en béton armé d’un mètre d’épaisseur. Le changement de salle avait été décidé dans la nuit, officiellement pour disposer d’un endroit plus confortable.

Après le petit-déjeuner et les présentations formelles, les parties au contrat s’asseoient autour de la table de réunion et entament la lecture des clauses. Ce travail fastidieux prendra un certain temps, temps dont les terroristes espèrent profiter.

10 h – Ministère de la Défense

Allez-y les gars. Voici le texto que vient d’envoyer Alonso aux deux équipes qui lancent alors leurs drones en direction du ministère.

« Olivier où en es-tu de l’identification des drones ?

  • J’ai bientôt fini Stéphane, mais pour l’instant tous les drones sont en règle.
  • Bordel, où sont-ils ? »

Les drones d’Alonso ne sont plus qu’à quelques dizaines de mètres du ministère. Ils ne peuvent pas se rendre sur le terrain du ministère, mais peuvent se tenir suffisamment près depuis la rue pour réaliser leur action. Ils se positionnent lentement près des drones de la presse, légèrement en retrait. Malik et Alexi lancent dans la foulée le scan du bâtiment.

« Georges regarde, ils viennent de quelle compagnie ceux-là ?

  • J’en sais rien et je m’en fous, concentre-toi sur ton boulot.
  • C’est bon il se passe rien, mais ces drones là je me demande bien d’où ils viennent. »

« Inspecteur, j’ai fini l’analyse, seuls quatre drones n’ont aucune identification, et ils sont dans la rue face au ministère.

  • Merde, prévenez les militaires, je me rends sur place immédiatement, et dites aux collègues d’inspecter les parcs. »

Les drones viennent tout juste de repérer la salle en s’accrochant sur le signal émis de l’intérieur. Ils se rapprochent le plus possible afin d’optimiser leurs résultats, mais le signal passe très mal.

« C’est quoi ce bordel Kevin, je capte rien, je vais contacter Alexi.

  • Non arrête, Alonso a dit pas de communications entre nous.
  • Mais je capte rien, on a rien là.
  • Parle moins fort des flics nous regardent.
  • Quelle compétition de merde, ils l’ont annulé, on est venu s’entrainer pour rien !
  • N’en fait pas trop, j’envoie un message à Abdou. »

« J’ai un message de Kevin, il déconne là. Ils captent rien eux non plus.

  • C’est foutu cette opération, avec Alonso hier à l’observatoire ils ont tout changé.
  • Pas possible, on prépare ça depuis des mois et les renseignements ont coûté cher.
  • Regarde, y’a rien, peut-être que notre gars est déjà avec les keufs!
  • Woh calme toi là, on improvise et c’est tout.
  • Vas-y improvise, moi je préviens Alonso. »

« Bonjour, avez-vous repérez des drones inhabituels ?

  • Moi non, désolé.
  • Bonjour, avez-vous repérez des drones inhabituels ?
  • Non, mais j’ai entendu un gars parler de ça par là-bas.
  • Bonjour, l’un de vous a-t-il vu un drone inhabituel ?
  • Moi, regardez ceux-là, je ne connais ni leur logo, ni leur couleur, et pourtant dans le milieu on se tient au courant.
  • Ici l’inspecteur Dubois, je signale quatre drones de couleur blanche avec un logo noir et orange. Veuillez vérifier leur identification.
  • Inspecteur, ce sont nos drones.
  • Commissaire, nous avons repéré les drones.
  • Très bien commissaire, je laisse les militaires s’en occuper.»

« Alonso vient de m’écrire, on doit rapprocher les drones du bâtiment.

  • Si on fait ça on est foutu, les alarmes vont sonner.
  • Si ça tourne mal on abandonne les drones et on se barre.
  • Ouais t’as raison, on peut tenter, préviens les autres. »

Moins d’une minute plus tard les drones pénétrent dans le périmètre du ministère. Très vite les alarmes se déclenchent, mais collés aux murs, ils commencent à capter des informations en accrochant le signal. Toute information enregistrée est envoyée immédiatement sur un serveur basé en Russie. Les soldats équipés de l’arme expérimentale visent les drones et ouvrent le feu. Deux voient leurs moteurs s’arrêter et commencent à vaciller. Les quelques journalistes sur place (depuis l’avènement des drones le métier de journaliste est devenu un travail de bureau), partent rapidement en courant. Sans vitesse, les deux drones tombent lentement comme des feuilles.

« On vient de perdre le drone 3 mec !

  • Ils nous ont eu, c’est sûr, fais écraser les deux autres sur le bâtiment en pilote automatique et on s’arrache. »

Les militaires commencent à viser les deux autres drones, mais brusquement ces derniers se dirigent à toute allure vers le ministère, et s’en suit quelques vitres brisées dans les étages.

« Inspecteur, je fais boucler le périmètre, retrouvez-moi ces cinglés ! »

Les deux groupes de terroristes se dirigent vers la sortie, et marchent rapidement en regardant autour d’eux. Les policiers les ont repéré et commencent à les suivre, et à les encercler. A la sortie des parcs ils sont attendus par plus d’une dizaine de policiers, et se rendent sans résistance, ils n’ont aucune chance.

Alonso décide de fuir Paris, l’opération est de toute manière foutue. Il se dirige vers sa voiture et entend un hélicoptère, en levant la tête il constate qu’il est de la police et se rapproche très rapidement.

« Allez-y, droit sur l’Observatoire, il ne peut être que là. C’est un homme dangereux, il faudra sûrement l’abattre.

  • Compris inspecteur, je tire sur votre ordre. »

« Inspecteur c’est Olivier, j’ai une nouvelle intéressante.

  • Oui Olivier faites vite.
  • Les terroristes ont un contact au sein du ministère, les drones suivaient un signal émis de l’intérieur
  • Dis au commissaire que je poursuis Alonso, je reviens dès que possible.»

Alonso court vers son véhicule, l’hélicoptère est proche. Il monte dans sa voiture et prend la direction du nord. L’hélicoptère lâche un drone intercepteur qui poursuit sa voiture. Une fois à courte distance, le drone lance un grappin électrifié qui court-circuite tout le système de bord de la voiture.

« Je vais le descendre, ça doit être le mec flic. »

Alonso sort de la voiture, kalachnikov à la main, et la pointe vers l’hélicoptère. L’inspecteur a anticipé une telle réaction, et le pilote a déjà offert à son tireur une belle ligne de vue vers le véhicule. Alonso a à peine le temps de lever son arme qu’une balle lui traverse le torse. Il tombe à terre sous l’impact, assis contre la portière de sa voiture. Les policiers au sol ne tardent pas à arriver pour l’immobiliser et appeler les secours.

12 h – Ministère de la Défense

« Nous sommes ravis d’avoir fait affaire avec vous, vos citoyens vous remercieront.

  • Le plaisir a été pour nous, un déjeuner nous attend maintenant. Quel est l’intérêt de venir en France sans partager un déjeuner n’est-ce pas ?
  • Entièrement d’accord avec vous. »

Les investisseurs sortent du bâtiment et ne constatent que quelques agitations éparses. Leur salle fortifiée les a isolé du bruit et de l’agitation qui régnaient à l’extérieur.

L’accord est ratifié, les drones américains vont pouvoir être commercialisés sur le sol français. Le gouvernement va réfléchir à améliorer le code du ciel des drones, afin de gérer au mieux ce nouveau trafic en très forte croissance.

« M. Daryl Miller, veuillez-nous suivre s’il-vous-plaît.

  • Pourquoi ? Je n’ai rien fait.
  • Vous êtes soupçonné de complicité de vol de données par l’usage illégal de drones.
  • C’est ridicule, je suis en compagnie de votre gouvernement.
  • Miller, je suis le commissaire Lambert, et vous allez suivre M. Dubois.
  • Vous faites une grave erreur. Emily, on se revoit à l’aéroport.
  • Stéphane c’est Olivier, c’est bien de lui qu’est partie le signal. Avec le capteur rayon-x du drone je vois qu’il porte plusieurs smartphones sur lui. Il a dû les relier pour avoir un signal puissant.
  • Super boulot, on fait ça propre devant le ministère. On aura le temps de le faire parler au poste. »

2 réflexions sur “Drones Poursuite

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